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Textes et Critiques (4/5)
Point n'est besoin de présenter Argentin, artiste Havrais qui expose depuis des années au Havre, Dieppe Rouen et Paris. On connaissait ses grands formats, influencés un temps par le geste large de Kline, se ressentant plus tard de celle de Poliakoff.

L'exposition actuelle d'Argentin ne renie pas les recherches anciennes.
Quoique différentes, elle leur donne au contraire leur sens.

Aujourd'hui ce sont les peintures en noir et blanc, strictes, impeccables et brillantes : peintes sur la tôle émaillée de couvercle de gazinières.
Argentin a choisi ce matériau pour des raisons économiques, mais surtout parce que la perfection de la surface répondait à son désir de fuir tout romantisme, répondait à sa quête de rigueur et d'absolu.

1971

Depuis plusieurs années, Argentin, en passant par différentes étapes de renoncement et une certaine ascèse, travaille dans une direction austère et cherche, du format géant au mini-tableau, une expression scientifique du sens plastique.

Cette fois, la nouveauté réside dans le support - un métal - et le matériau, une peinture laquée qui dépouille l'oeuvre de ce qu'il pouvait lui rester d'humain : l'écriture traduite dans la trace laissée par les outils.
Trois quart de siècle plus tôt, Argentin aurait fait figure de génie. La route qu'il suit aujourd'hui doit déboucher sur "autre chose", les travaux des grands abstraits inspirés de Mondrian ayant, dans cette direction, été explorées à fond.

Il est évidemment courageux de prendre dans les années 70, le contre-pied de l'abstraction lyrique. Mais Argentin aura à montrer, dans les années à venir, la rigueur de ses équations.

NOEL LECRECQ

Avril 1971