Démarche Artistique
« Un tableau ne s'édifie pas comme une maison partant de cotes d'architecte, mais : dos tourné au résultat – à tâtons ! à reculons! Ce n'est pas en regardant l'or alchimiste, que tu trouveras le moyen d'en faire, mais cours à tes cornues, fais bouillir de l'urine regarde avidement le plomb, là est ta besogne.
Et toi peintre, des taches de couleur des taches et des tracés, regarde tes palettes et tes chiffons, les clefs que tu cherches y sont. »
Jean Dubuffet
Au travers de plus de 4000 réalisations exécutées durant environ 45 années, l’œuvre traverse obligatoirement plusieurs périodes et manières, parfois avec des retours, des impasses des voltes-faces, il en est ainsi pour tout artiste.
Dès 1962, j’abandonnais toute idée de carrière ayant un rapport avec l’Art, afin (je le pensais alors) de ne pas me sentir tributaire ou prisonnier, je voulais être « libre », libre du monde des Galeries, du clientélisme !!! …
Cette première période, se situe dans les années 1962 à 1968 environ, la plupart réalisées sur le motif lors de sorties avec mes amis J. Boscherel, D. Brindel, mais surtout avec celui qui allait me donner le souffle de la liberté R. Guerrant, dont on reconnaîtra sur certaines oeuvres la "patte" ou l’influence.
Début 1968, nous décidons, J. Boscherel, D. Brindel et moi même.
de monter ce qui sera notre « première exposition personnelle » occasion pour la première fois de se trouver confronté aux amateurs Havrais avec un nombre conséquent d’œuvres.
Les critiques nous saluent comme la "jeune peinture Havraise" .
Premier tournant décisif pour moi, qui me conforte dans l’idée que je dois poursuivre la voie des recherches hors de l’académisme qui régnait alors sur la peinture, au Havre.
Dès 1969, la fascination , l’absolutisme de ces couleurs, l’usage exclusif du trait vertical ou horizontal ont façonnés cette nouvelle période.. qui dure encore, inscrite au plus profond de mon esprit, de mon geste de peintre.
Il y avait là un refus du romantisme du peintre tel qu’il était et reste perçu dans la société., l’œuvre pouvant être exécutée sur mes plans et instructions par des « tiers », artisans ou élèves d‘un atelier, comme ce fut toujours le cas dans les siècles précédents.
Cette démarche s’est poursuivie plusieurs années et vu son aboutissement en 1978 avec l’Exposition au Musée du Havre de deux grandes oeuvres faites de plastique noir tendu « plissées » sur des châssis.
Lors d’une exposition commune avec François Desborde, je présente des oeuvres uniquement noires et blanches, quelques petites sculptures, certaines des oeuvres de laque noire, sont réalisées sur des supports acier de récupération, (éléments de gazinières ou autres)
L’interrogation fut grande !